Utopie : une histoire d'âne
Il était arrivé, comme ça, chez nous, un soir de Septembre,
dans la robe grise
délicieusement bourrue encore
de ses six mois...
il tétait encore sa mère...
Un amour de petit âne
tout droit venu de sa Corse montagneuse et destiné aux hauteurs de Bambois où vit ma soeur Claudie
Il était là, de passage pour une nuit , en attendant la méhari qui allait le transporter là-haut.
Quel bonheur alors, pour Bruno et Manuèla, ce petit âne tout neuf à caresser et chouchouter...
Mais voilà ce qui s'était passé :
Tous les quarts d'heure, avec la précision implacable d'un mécanisme ,
quatre hihans plaintifs déchiraient le silence de ce quartier résidentiel...
et l'on attendait anxieux, la prochaine salve, sûrs que la police allait débarquer...
et le lendemain, à 500 mètres de là, le garagiste nous avait pris à témoin :
" vous avez entendu, cette nuit ? un âne dans le quartier!
pas moyen de fermer l'oeil...vous savez où il se trouve ? "
Voici comment Claudie dans son livre "Bambois" raconte l'histoire" d'Utopie" :
à Bambois, elle sera notre hôte le plus charmant, le plus tendre, nous suivant pas à pas, trottant pour nous rejoindre, la nuit dormant sur le seuil, réclamant l'affection, les baisers, les jeux.
Nous l'avons appelée Utopie, parce qu'elle est bien vivante, réelle, en chair comme doit être l'Utopie."
La balade d'Utopie...
extrait du livre "Bambois"
"Utopie est entrée dans la cuisine et a bouffé un billet de 50F
que Modestine avait laissé sur le frigidaire .
Il faut absolument, disait Modestine, rentrer Utopie à l'étable ce soir
pour que je retrouve mon billet !
Le soir, sous la lune un peu cassée, comme dit Robin, nous cherchons Utopie en vain. Elle avait fait la belle avec le billet. Vendredi, pas d'Utopie.Tant pis, nous avons trop à faire. Le soir, nous partons Modestine et moi, vers Nancy,, la voiture pleine, à ne plus rien y voir. Plus loin, qui fait la folle autour de la voiture, les oreilles longues et la queue rebelle ? Utopie !
Je freine, je descends ; elle, à me retrouver, se roule sur le dos et m'offre la vue de son ventre blanc.
Que faire? retourner à Bambois ? Nous n'avons plus le temps. Alors, nous l'amenons à la ferme la plus proche. Il s'appelle Dédé et est vieux garçon. Nous frappons. Rouge de vin, heureux, il nous invite à voir le film à la télé. Non, non, ce n'est pas possible, il est très gentil, mais peut-il garder l'ânesse jusqu'à demain ? Mais si, mais si, c'est un film rigolo, et nous sommes mignonnes. Mais non, mais non,et finalement, c'est Utopie qu'il embarque dans son salon pour lui tenir compagnie. Fallait voir Utopie devant la télé, glissant sur le plancher ciré, au milieu des fauteuils de velours grenat !
.....
Samedi soir, retour à Bambois. Arrêt chez Dédé. Plus d'ânesse. La nuit elle a rongé la corde et s'est barrée de nouveau. Dimanche, je la cherche partout. Lundi encore. Je rretrouve sa piste et la suis aux dégâts causés de ferme en ferme : ici, elle a bu le lait des bidons, broutté les géraniums plus loin, là elle a coursé les poulettes et sauté au cou du fermier éberlué. Je la retrouve à 10km dans l'étable du plus joli plouc de la région : cheveux longs, chapeau de cow boy. Elle n'avait plus ni grelots, ni collier de cuir. Le jeune plouc dans le vent me fabrique un mors avec une corde en un tour de main, et je repars au pas, assise sur le dos brun de ma jeune folle.
Une 2CV me dépasse. C'est un vétérinaire, mondain cavalier et qui me lance avec humour : "Quelle belle monture vous avez, madame ."
.....
Modestine n'a pas retrouvé son billet. Utopie avait eu le temps de s'en séparer.
http://www.amazon.fr/Bambois-vie-verte-Jai-lu/dp/B0014MTFRM/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1322658739&sr=1-1
Quel bonheur alors, pour Bruno et Manuèla, ce petit âne tout neuf à caresser et chouchouter...
Mais voilà ce qui s'était passé :
Tous les quarts d'heure, avec la précision implacable d'un mécanisme ,
quatre hihans plaintifs déchiraient le silence de ce quartier résidentiel...
et l'on attendait anxieux, la prochaine salve, sûrs que la police allait débarquer...
et le lendemain, à 500 mètres de là, le garagiste nous avait pris à témoin :
" vous avez entendu, cette nuit ? un âne dans le quartier!
pas moyen de fermer l'oeil...vous savez où il se trouve ? "
Voici comment Claudie dans son livre "Bambois" raconte l'histoire" d'Utopie" :
à Bambois, elle sera notre hôte le plus charmant, le plus tendre, nous suivant pas à pas, trottant pour nous rejoindre, la nuit dormant sur le seuil, réclamant l'affection, les baisers, les jeux.
Nous l'avons appelée Utopie, parce qu'elle est bien vivante, réelle, en chair comme doit être l'Utopie."
La balade d'Utopie...
extrait du livre "Bambois"
"Utopie est entrée dans la cuisine et a bouffé un billet de 50F
que Modestine avait laissé sur le frigidaire .
Il faut absolument, disait Modestine, rentrer Utopie à l'étable ce soir
pour que je retrouve mon billet !
Le soir, sous la lune un peu cassée, comme dit Robin, nous cherchons Utopie en vain. Elle avait fait la belle avec le billet. Vendredi, pas d'Utopie.Tant pis, nous avons trop à faire. Le soir, nous partons Modestine et moi, vers Nancy,, la voiture pleine, à ne plus rien y voir. Plus loin, qui fait la folle autour de la voiture, les oreilles longues et la queue rebelle ? Utopie !
Je freine, je descends ; elle, à me retrouver, se roule sur le dos et m'offre la vue de son ventre blanc.
Que faire? retourner à Bambois ? Nous n'avons plus le temps. Alors, nous l'amenons à la ferme la plus proche. Il s'appelle Dédé et est vieux garçon. Nous frappons. Rouge de vin, heureux, il nous invite à voir le film à la télé. Non, non, ce n'est pas possible, il est très gentil, mais peut-il garder l'ânesse jusqu'à demain ? Mais si, mais si, c'est un film rigolo, et nous sommes mignonnes. Mais non, mais non,et finalement, c'est Utopie qu'il embarque dans son salon pour lui tenir compagnie. Fallait voir Utopie devant la télé, glissant sur le plancher ciré, au milieu des fauteuils de velours grenat !
.....
Samedi soir, retour à Bambois. Arrêt chez Dédé. Plus d'ânesse. La nuit elle a rongé la corde et s'est barrée de nouveau. Dimanche, je la cherche partout. Lundi encore. Je rretrouve sa piste et la suis aux dégâts causés de ferme en ferme : ici, elle a bu le lait des bidons, broutté les géraniums plus loin, là elle a coursé les poulettes et sauté au cou du fermier éberlué. Je la retrouve à 10km dans l'étable du plus joli plouc de la région : cheveux longs, chapeau de cow boy. Elle n'avait plus ni grelots, ni collier de cuir. Le jeune plouc dans le vent me fabrique un mors avec une corde en un tour de main, et je repars au pas, assise sur le dos brun de ma jeune folle.
Une 2CV me dépasse. C'est un vétérinaire, mondain cavalier et qui me lance avec humour : "Quelle belle monture vous avez, madame ."
.....
Modestine n'a pas retrouvé son billet. Utopie avait eu le temps de s'en séparer.
http://www.amazon.fr/Bambois-vie-verte-Jai-lu/dp/B0014MTFRM/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1322658739&sr=1-1












Utopie n'est pas le pauvre âne de Buridan et c'est
RépondreSupprimerdéjà quelque chose.
L'argent se doit d'être "caché"..voilà la leçon.
Un texte d'une belle légèreté toute campagnarde.
J'aime bien.
Sbuir