Quand Marcel est mort, Emmy avait 50 ans ...
Elle a alors dû apprendre à s'occuper des papiers :(ce qu'elle n'avait jamais fait)
...
mais surtout, elle a passé son permis de conduire ,
et c'est Dominique âgé de sept ans qui était devenu son passager pilote indispensable à l'avant,
et l'aidait par ses conseils éclairés à lui donner confiance en elle...
-"tu peux y aller, maman...il n'y a rien à droite "...
Quelques années et une ou deux 2CVplus tard,
ce fut Fanlac qui le remplaçait sur le siège avant
et il se tenait fier , tout dressé et heureux de participer au voyage
Fanlac : un petit chien de berger bâtard tout noir
que Azdine et moi avions ramené de Fanlac, village de Jacquou le croquant en Dordogne...
Ma mère avait alors environ 70 ans et s'était même aventurée avec sa petite deuch
et un couple d'amis jusque dans le désert du Sahara algérien...pour la petite histoire, je rajouterai que croyant bien faire elle avait mis la protection devant le moteur pour empêcher le sable de s'y infiltrer, que le moteur avait surchauffé...et qu'elle avait coulé une bièle.
Un jour, revenant de chez ma soeur Claudie à Bambois, Fanlac en ami fidèle à ses côtés,
elle emprunte le chemin de terre très pentu qui passe dans une petite forêt...
tout à coup, le frein ne répond plus, la voiture s'emballe , atteint une vitesse pas possible
traverse en trombe un chemin entre deux arbres, en un vol plané qui atterrit quelques 10 mètres plus loin dans un pré... fait trois tonneaux et s'arrête contre une butte de terre....
elle réussit alors à s'extirper de la voiture persuadée que son heure est arrivée ,
se traîne dans le champs en murmurant :
"encore un peu d'herbe verte..."
se traîne dans le champs en murmurant :
"encore un peu d'herbe verte..."
Un paysan du coin alerté par le passage en flèche
d'un chien fou , noir , poursuivi par une roue de voiture,
retrouva ma mère non loin de sa voiture allongée dans l'herbe ...
CIORAN dit que nous sommes dans un train qui fonce à 100 à l'heure droit dans un mur....
nous le savons tous que nous sommes en sursis à plus ou moins longue échéance...
cette philosophie de la vie qui fut celle de ma mère, je la fais mienne :
"encore un peu d'herbe verte"
nous le savons tous que nous sommes en sursis à plus ou moins longue échéance...
cette philosophie de la vie qui fut celle de ma mère, je la fais mienne :
"encore un peu d'herbe verte"











Oui, c'est bien de cela qu'il s'agit...Droit dans le mur, mais encore des nuages, le ciel bleu, l'eau fraîche, des enfants qui jouent et des désirs fous.
RépondreSupprimerMerci,encore, pour tous ces mots et cette image.
Après tout entre cime (sans circonflexe accent) et abîme, (avec), il y a toujours place infime pour la vie, belle, pour rimer avec bielle avec deux ailes ;-)). Saine philosophie !...
Oui comme un souhait et ne pas y penser mais y marcher dessus et la fouler en dansant.
RépondreSupprimerDemain sera un autre jour.
Il faut quand même un peu de pluie.
Étrange et finalement belle histoire que voici...
RépondreSupprimerElle me rappelle mon unique accident de voiture, durant lequel j'ai cru mourir et me suis senti devenir arbre, végétal, appartenant désormais à l'humus...
Superbe...et Cioran a toujours raison....
RépondreSupprimerJack Blanchard (IPer)