vendredi 8 janvier 2010

Mon oncle de Kabylie , documentaire filmé par Chloé Hunzinger

cliquez deux fois sur l'image pour la faire apparaître en grand:
le documentaire sera donné samedi 9 janvier sur FR3 local
et lundi 11 Janvier sur FR3 national à minuit...

Récit d'une vie : le livre

voici le récit d'Azdine pour commenter cette image...
Azdine fut mon mari pendant quinze ans, le père de mes trois premiers enfants, et un ami de toute une vie...
Le petit à droite , est Azdine, en 1948 lorsqu'il quitte l'Algérie .

Il est maintenant grand-père de cinq petits enfants, dont Emma et Bettina...

"Septembre 1948...nous repassons à Alger récupérer nos trousseaux. Nous voici en chemise blanche, veston et pantalon de golf, chacun une valise à la main.C'est la première fois que je suis habillé à "l'européenne". Et nous voici sur le port d'Alger prêts à embarquer. Les huit garçons accompagnés de l'oncle Bachir et de mon père...Pour nous tout était nouveau. Le bateau et même la mer que nous n'avions jamais vue. Et voilà que nous quittions déjà la côte algérienne. Dix minutes plus tard nous rencontrons notre première tempête...la mer était particulièrement houleuse ce jour-là. 24 heures de traversée agitée et nous débarquons à Marseille.
Je nous revois encore, marchant à la queue leu leu, traînant notre valise. J'ai gardé l'image impressionnante de mon oncle Bachir, habillé à l'algérienne avec gandoura et chéchia, déambulant fièrement au milieu de tous ces occidentaux, alors que mon père et nous étions habillés à l'européenne. L'allure de Bachir suscitait tant de regards curieux, que nous marchions trente pas en arrière pour ne pas nous faire remarquer..."


Voici la présentation du livre récit écrit par Patrice Muller

samedi 19 décembre 2009

Maux d'enfants

c'était il y a quelques années en Décembre...
Pas toujours facile pour un enfant de comprendre et vivre la séparation de ses parents...

Samuel , mon petit fils, de 4 ans à l'époque,m'avait dit :

--"Quand papa était encore là, on était allés voir les ragondins, avec papa, maman, Thomas...et il y avait des cochons, des lapins, des coqs..."
-- "tu ne crois pas que tu as un peu rêvé , Samuel " ?

et lui, après un petit silence et un petit haussement d'épaule...
-- "oui, c'est un rêve..."

mardi 15 décembre 2009

La petite poule de Noël ou l'incroyable destin de Julie


La petite poule de Noël ou l'incroyable destin de Julie


-" aujourd'hui, j'ai une surprise pour vous..." nous dit l'Indien


La surprise trône à l'ouest de son séjour , au milieu d'un capharnaüm de livres épars, ouverts ,
de piles d'articles de journaux...
de photos...





Ceci n'est pas une poule...
C'est la fille de Juliette, Julie, le personnage le plus désirable de l'arbre à poules,
éminemment irrésistible parce que éminemment féconde
selon la théorie expérimentée de l'Indien...
Et pourtant, Julie n'est pas de pure race...le couple des parents prévu, de pure race, Wyandotte de couleur blanche, eut quelques problèmes, car le bel Emile destiné à Juliette se révéla être impuissant. Il lui voua toutefois un amour fidèle et dévoué s'occupant admirablement de la progéniture qu'elle eut nombreuse avec un autre coq superbe aux plumes somptueuses et aux redoutables ergots.




Voici le coq sans nom et qui a su prendre la place d'Emile auprès de Juliette...




La surprise est donc là, toutes plumes dehors, exposée à notre regard et semble même mise en lumière comme s'il s'agissait d'un tableau de valeur...Devant notre air interrogateur, l'Indien la soulève doucement et alors sous notre air ébahi, jaillissent douze petites boules jaunes dont le bec est encore recouvert du diamant qui vient de leur permettre de casser la coquille...
C'est la troisième couvée de Julie cette année...l'Indien a dû utiliser toutes ses ruses de Sioux pour trouver où la coquine l'avait cachée...en l'occurrence au sommet de cinquante bottes de foin...

Comme la nature est intelligente !
Et l'Indien nous a démontré ici l'importance d'être en bonne intelligence avec cette mère nature...
Les douze petits poussins livrés aux premiers froids n'auraient pas survécu...
Reste un mystère que Julie couve encore : un oeuf habité par un petit bruit sourd, régulier et insistant. C'est le "nohgschlopte" comme on dit en alsacien ou le petit dernier qui se fait attendre et devra se frayer un chemin dans la vie...
C'est le numéro 13 : aura-t-il sa chance de survie ?

écrit à quatre mains par Carla et Christel

samedi 12 décembre 2009

Quelques heures avec l'Indien de L'Illwald


-"est-ce qu'il est civilisé" ? demande Emma
-" on te reposera la question au retour
tu sauras peut-être y répondre...

Cinq de mes petits enfants se trouvent avec moi ce jour-là, intrigués et légèrement inquiets...ils vont rencontrer l'Indien de l'Illwald dont je leur parle si souvent..

Tiens, ! il est bizarre, cet Indien ! il n'est pas à moitié nu comme dans les westerns, et il n'a pas l'air trop maigre , non plus...












Il nous accueille dans sa cuisine qui dégouline de plantes et sent bon le pain chaud

il fait son pain lui-même, l'Indien ... qu'il fait cuire dans nos moules à Kougelopfs


Univers de rêve pour les enfants:
un arbre à poules
une cabane dans un arbre
un petit cheval des Pyrénées, Picasso
et des hardes de daims dans la forêt...



apprivoiser Picasso , d'abord ...


l'Indien dessiné par Emma , 11 ans

Je crois que le passage de la rivière les a marqués :
on voit Solal qui s'est étalé dans l'eau , et on entend l'Indien ; "t'occupe, c'est un grand
il doit apprendre la forêt tout seul !"

l'Indien dessiné par Solal , 4 ans



Picasso dessiné par Bettina, 8 ans


et chacun des 5 petits cousins aura le privilège de monter Picasso à cru







-" Alors, Emma, d'après toi, il est civilisé, l'Indien de l'Illwald ?"

Cri du coeur :

- NON ! il a traversé la petite rivière pieds nus !











Emma, quant à elle avait traversé sans avoir à se mouiller les pieds...

dimanche 15 novembre 2009

à l'occasion du 11 Novembre ...mon grand-père et les tranchées


Mon grand-père de Bourgogne
Victor Pitoizet : 1879 1957

Que de souvenirs j'ai de ces vacances bourguignonnes !
Nous étions déposés chez ce grand-père hors normes au début des vacances scolaires et nous vivions avec lui, en petits sauvages heureux...
Cela devait être à l'époque de cette photo que j'ai entendu pour la première fois son histoire de la guerre des tranchées...
- "grand-père, raconte nous encore les tranchées..."

On l'aimait son histoire...histoire que l'on connaissait par coeur à force de la lui demander...

Il faut d'abord que j'explique à tous mes petits enfants de maintenant, qu'à l'époque, dans ce petit village de Bourgogne, Segrois, nous cherchions l'eau au centre du village où trônait le lavoir...
Dire aussi, que les frigidaires, cela n'existait pas...il y avait dans la cave, un garde-manger à grillage , mais que les mouches, ces malignes, elles arrivaient toujours à passer à travers...et que ma foi, les fromages étaient souvent pris d'assaut par des petits vers ...non, des gros vers jaunes et dodus...

Donc, mon grand-père étalait le fromage sur sa tartine, nous expliquant à nous , les petits citadins , que dans les tranchées, ils auraient bien voulu eux les soldats avoir sous la dent ces petits bouts de viande fraîche...
Les petits vers , quant à eux ne se tenaient pas tranquilles sur la tartine et se dressaient indisciplinés au possible...il les ré étalait avec d'autant plus de délectation que nous poussions de cris de dégoût ...ponctuant son geste de : "tu vas te tenir tranquille, toi !"
Et il avalait sa bouchée à grand renfort de soupirs d'aise...

Voilà ce que représentait pour moi, la vie dans les tranchées...
Un endroit où pouvoir manger des rats et des vers représentait le bonheur...




à l'occasion du 11 Novembre ...LE LINGE


non loin de chez moi dans les Vosges
ici, les tombes allemandes, noires.

LE LINGE
lieu de combat de la
Première Guerre Mondiale
en 1915
où Allemands et Français
s'étripèrent pour une colline

17000 morts








et le froid de l'hiver
sur les tombes françaises supposées avoir été blanches...

vendredi 23 octobre 2009

"WANTED" : petit clin d'oeil...pub devinette









cliquez sur la photo :
vous les reconnaîtrez peut-être !









jeudi 22 octobre 2009

les Correspondances de Patrick







un petit fascicule numérique dans lequel Patrick m'a donné la parole avant son départ pour
la Grande Amérique


merci à toi , Patrick





pour l'ouvrir, visionnez le document à droite....
en cliquant dessus , vous pourrez ouvrir le lien ...
qui se trouve sous la photo

dimanche 11 octobre 2009

au voleur : un film de Sarah Leonor avec Guillaume Depardieu




Amour, douceur, légèreté et sensualité

entre réalisme et poésie


la musique :
entre le folk américain et les tempos primitifs

une comptine folk de Woodie Guthie
(grassy grass grass)



bande annonce du film : à droite


















Il cambriole, elle enseigne
Il survit, elle aussi.

Un film qui réunit
Guillaume Depardieu et
Florence Loiret Caille,
acteurs graves et impulsifs.

Ils incarnent deux écorchés vifs en mal d'ailleurs




Pour moi, Alsacienne et amoureuse du Ried, cette deuxième partie du film m'a emportée..
Le Ried , c'est cette plaine alluviale en contrebas du Rhin, dont fait partie L'Illwald près de Sélestat, et que de nombreux petits bras du Rhin sillonnent de part en part...
C'est notre jungle à nous ...Il arrive souvent que des promeneurs trop confiants et empruntant ces barques à fond plat , se perdent dans les nombreux bras de l'ill ...

Cette deuxième partie du film, donc, devient
miracle de poésie
évasion contemplative
escapade hors du temps,
rythme au fil de l'eau
lente cavalcade en barque
comme un parcours initiatique... un retour à la nature. On glisse dans la nature comme la barque...On touche à l'idée du bonheur qui jaillit ici, aussi éphémère soit-il...on voit le visage de Bruno (Guillaume Depardieu) offert au soleil à travers les feuillages....on pourrait se laisser aller à penser à Rimbaud, ou encore à "la nuit du chasseur"
ou encore à un western dans le bayou...

C'est tout simplement beau









ItaliqueUne belle critique de Louis Guichard dans le Télérama à la sortie du film, le 30 septembre dernier...

Il parle de Guillaume Depardieu dans un rôle de "misfit"...un voleur pas bien méchant, un peu brisé déjà, silencieux, sensuel, sans illusions.

La patte de la réalisatrice, dit-il s'impose à la faveur de l'incroyable échappée des deux amants en pleine nature. Un nouvel espace temps s'ouvre. Paysages et musique inventent une France américaine...
douceur, sauvagerie légère

Emouvante dédicace : au voleur et à l'acteur






Voici Sarah Leonor, l'auteure Alsacienne ,
et son actrice
Florence Loiret Caille

Sarah pour qui Au Voleur est le premier long métrage a obtenu le prix Jean Vigo 2002
avec l'Arpenteur tourné en Arménie


Florence Loiret Caille s'est fait connaître avec
"Trouble Every Day " de Claire Denis en 2001
et a depuis travaillé avec de nombreux réalisateurs...






"je dirais, précise Sarah, qu'Au voleur est un film noir lumineux...du film noir, je n'ai finalement gardé que l'ossature : des voleurs, des gendarmes; une poursuite..
c'est un film noir, en bleu et vert...
oui, je voulais de la couleur envers et contre la réalité de départ des personnages.
C'est le bleu qui est venu à moi pendant les repérages : je cherchais des matières, des peintures écaillées et des espaces dépourvus d'horizon...




Ce bleu de la ville, dans la première partie urbaine du film "contraste avec le vert enveloppant de la forêt.."
ajoute-t-elle...Au voleur évolue sur une corde raide entre naturalisme et stylisation...il s'est imposé comme ça, instinctivement , au tournage.J'ai l'impression d'avoir trouvé un langage au cinéma qui me convient, qui vise la condensation, l'intensité.

La fin du film, reste ouverte et cependant étrangement troublante, à travers la mort de Guillaume Depardieu...


mercredi 26 août 2009

il y a dix ans , Stéphanie...


il y a dix ans , un mardi 24 Août 1999
Stéphanie mourait : elle avait 20 ans

absurdité, incompréhension , révolte...

une petite route à Herlisheim , une voiture perd le contrôle en face d'elle ,
et la mort la prend là, au bout de
sa courte vie inachevée...

Stéphanie, c'était la meilleure amie de Diana et l'amour d'Antonin...







La nuit qui suit , Antonin
fait ce rêve :

- mais Stéphanie, qu'est-ce que tu fais là ?
- tu vois, je suis là !
-mais tu ne peux pas être là, tu es morte !
-eh bien, si , je suis bien là...je n'ai rien...ah tiens, c'est étrange, je commence à avoir des fourmis dans les jambes...

le 27 Août , ce fut son incinération, sans bruit, sans messe médiatique...
Pffftttt ! quelques cendres, la messe est dite...

Mais le lendemain, à la Grande Pierre dans la montagne d'Antonin, il y eut "une messe païenne".
Moment émouvant, intense, à la limite de l'insoutenable...
à la Grande Pierre, une lune rousse s'était levée sur une centaine de jeunes venus là
se recueillir ou plutôt célébrer autour d'un immense feu le départ de Stéphanie...

Un silence total, insolite, effrayant même, a marqué les deux heures passées là...
Autre célébration :
ce petit verre de vin blanc que la maman de Stéphanie offrait
en se déplaçant d'ombre en ombre...
et les cendres de Stéphanie se sont alors élevées dans un ballon blanc
lâché par Antonin

Peut-être chacun d'entre nous, là haut, a-t-il pu toucher à
"la nature finie de tout amour" comme dit Boyer
alors que pour Antonin, tout devait continuer...

"continuer, seulement continuer,
voilà qui est surhumain" dit Camus

Dans mon jardin , un petit arbuste planté ce jour là fleurit bleu en ce moment...
c'était il y a dix ans


mardi 18 août 2009

LEONARD COHEN à Colmar à la foire aux vins

C'était dimanche soir, à la Foire aux Vins de Colmar...cela faisait longtemps déjà qu'on ne trouvait plus de billet ... 7000 personnes étaient venues de partout pour l'écouter...
certains étaient là depuis le début de l'après-midi,
debout dans la canicule
pour s'assurer une bonne place...

Il est arrivé , comme à son habitude, en costume et chapeau, svelte avec l'élégance et la simplicité de ses 75 ans,
en entonnant " Dance me to the end of love "
de cette voix si particulière,
à la beauté grave et sensuelle...

D'habitude, je crains la foule et ses comportements
imprévisibles et intempestifs...
Mais là, comme dans une cathédrale, tout se passa dans un silence et une ferveur quasi religieux.
Quelle émotion d'entendre ces chansons connues et fredonnées depuis si longtemps...:
So long Marianne
Everybody knows
Suzanne
Bird on a wire

Photos de l'Alsace



C'est la fin de son concert...
Trois heures vingt après le début de la soirée, après plusieurs reprises, il est toujours là, debout, souriant, heureux. La salle , la mer humaine que représentent ces 7000 admirateurs, en "standing ovation"
est impressionnante par sa ferveur...
On sent qu'on a assisté à quelque chose de grand , partagé un moment unique qui ne se reproduira plus.
Emotion .
Emotion : la salle chante avec lui le Hallelluyah ...tout le monde chante , à gauche , à droite , devant , derrière, c'est beau , c'est prenant : le bon côté de la foule est là...
celui qui rassemble, unit.

mercredi 5 août 2009

coup de foudre au marché aux puces


Lorsque je me trouve dans un marché aux puces,comme dimanche dernier dans un village des environs, je déambule en attendant qu'un objet m'appelle, attire mon attention...
car ce sont les objets qui nous choisissent, j'en suis persuadée...
une petite boîte en laiton,
un petit miroir en cuivre jaune...

Puis , tout à coup, je la vois, ELLE !
la joueuse de mandoline esseulée,
dessinée par Marie Laurencin,
avec son petit air triste,
dans ses rubans
et les yeux perdus dans le vague de ses pensées...

elle m'attendait , c'est sûr,
chez ce collectionneur de lithos...

il me la fallait absolument

c'était comme un coup de foudre réciproque...


J'ai trouvé aussi avec bonheur
deux dessins de Mariette Lydis....



















Marie Laurencin : 1883 1956



Marie Laurencin
avait une prédilection pour certaines formes féminines allongées:
elle a illustré des oeuvres d'écrivains
à l'aide de couleurs fluides et suaves


elle est connue aussi pour avoir vécu une liaison passionnée avec Guillaume Apollinaire
qui dit d'elle :
"c'est un petit soleil : c'est moi dans la forme féminine..."






autre référence plus proche de nous :
Joe Dassin, dans l'été Indien en 1975, chante :

"avec ta robe longue, tu ressemblais à une aquarelle de Marie Laurencin"
...



Melle Chanel





Femme-au-chien

Mariette Lydis 1887 1970












nous avions à la maison autrefois un livre de contes illustré par Mariette Lydis...


elle a illustré beaucoup de livres d'auteurs
entre autres les Fleurs du Mal de Baudelaire
















jeune femme au chien

mardi 28 juillet 2009

papillons et bulles de savon..... : du bonheur







"...et quant à moi qui aime la vie,
il me semble que ceux qui s'entendent le mieux avec le bonheur,
ce sont les papillons et
les bulles de savon,
et tous ceux qui leur ressemblent..."


NIETZSCHE dans Zarathoustra












mardi 14 juillet 2009

le bonheur est dans le pré de PAUL FORT

Le bonheur est dans le pré, cours-y vite. Il va filer .

Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite.

Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.

Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite.

Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.

Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite.

Sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.

Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite.

Sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.

De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite.
De pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.

Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite.

Saute par-dessus la haie, cours-y vite ! Il a filé !

Paul Fort

le bonheur est dans le pré .........




Je connais ce poème depuis toujours, je crois..
Il exprime bien que rien ne sert de partir à sa recherche,parce qu'il est là, dans ces petits riens qui font la beauté de la vie...
Le rechercher, c'est forcément ne pas voir qu'il est là, chaque jour à portée
- de main- de regard,- de ressenti
C'est l'avoir perdu inexorablement , déjà

"Le bonheur," chantait Renaud
"se reconnaît au bruit qu'il fait quand il s'en va "......

PROPOS SUR LE BONHEUR : de la Résilience

J'ai toujours été le vilain petit canard de la fratrie, l'avant-dernière d'une famille de sept enfants.
Pendant la guerre, en Alsace " occupée ", nous n'avions pas droit au Français alors, et je courais derrière les plus grands en criant : "ich oï , ich oï ", moi aussi moi aussi...je voulais tout faire comme les plus grands, je voulais devenir quelqu' un moi aussi ...

Ils avaient tout inventé déjà : la beauté, la douceur, l'intelligence, le don artistique .
Je n'étais rien, je n'avais rien de tout cela .
Ma mère me répétait souvent que je lui ressemblais si peu, que , si je n'étais pas née à la maison, (comme c'était le cas pendant la guerre ), elle se serait demandé si on ne m'avait pas échangée à la maternité.
Mon père est mort, j'avais quinze ans , je n'avais pas eu le temps d'attirer son regard.

J'ai grandi avec cela...avec ce fracas de l'enfance...
J'aurais pu , je crois, baisser la tête, me résigner à être transparente.
Mais je me suis relevée, comme lorsque à l'âge de deux ans (on me l'a rapporté), m'étant étalée de tout mon long sur le chemin caillouteux , je me suis relevée en riant et disant :
" ich facht keit " ! , je suis presque tombée...

Plus tard, en lisant Cyrulnik et son "merveilleux malheur ", j'ai compris le sens du mot Résilience, j'ai compris là ma capacité à transformer le réel en tremplin, à ne pas voir "le réel désolé" , mais à trouver dans la beauté des petits riens de la vie,
le Bonheur, comme une défense victorieuse...

JustifierBaudelaire exprime très bien la résilience :
"tu m'as donné ta boue et , j'en ai fait de l'or..." dit-il

Essayer de plus d'utiliser , associer les contrastes que nous portons tous en nous-mêmes ,
faire vivre et accepter l'oxymoron qui nous définit, pour trouver sens à sa vie :
-le fumier et la fleur qui se trouvent intimement associés
-le soleil noir de Nerval devenant magie nourricière
-ce "love and hate" dans le même personnage , (Mitchum en l'occurence) que l'on trouve si intimement et merveilleusement exprimés dans ce film culte qu'est "la nuit du chasseur"...


lundi 13 juillet 2009

ALEXANDRE MELNIKOV joue les Etudes sympnoniques de Schumann à Colmar



C'était le 11 Juillet, au Koïfus à Colmar : Un concert romantique avec les Etudes Symphoniques de Schumann opus 13...Je les connaissais ces études, jouées à la perfection par
Vlado Perlemuter...
une oeuvre tout en tempête et légèreté mêlées

Je me suis retrouvée au premier rang, de côté, et je ne voyais pas le visage de A. Melkinov...Ce sont ses mains qui ont attiré mon regard...étrange duo que ces mains dans la troisième étude..

La main gauche liée , ancrée ,insistante et affirmative semble poursuivre la main droite qui , légère , caresse sans se poser, virevolte comme un papillon, s'échappe et revient impertinente et élégante se mesurer au phrasé lié de son acolyte...

j'étais hypnotisée.


(écouter l'enregistrement de VLADO PERLEMUTER à droite...)

mardi 7 juillet 2009

Vladimir SPIVAKOV à Colmar




une soirée très attendue par les
mélomanes :
Dans la Chapelle
du Musée des Unterlinden

des Arias de
Johann Sebastian Bach

Emotion pure : la musique de Bach : ma préférée
et c'est dans l'andante de la sonate que je fais mienne cette parole de Stendhal :

"la bonne musique ne se trompe pas
et va droit au fond de l'âme
chercher le chagrin qui nous dévore"



Dans la Chapelle du Musée des Unterlinden, le Rétable d'Issenheim de Grünewald,
qui date des années 1512-1516

Il faut imaginer alors le clavecin rouge
de la couleur rouge des toges des personnages,
placé devant le Rétable...

et quand Anastasia Belukova s'est approchée du Rétable,
c'est comme si le tableau s'était animé et que Marie-Madeleine elle-même
venait chanter son émotion aux côtés des instrumentistes,
pâle sous sa chevelure blonde et crantée...




Vladimir Spivakov est directeur artistique du Festival de Colmar depuis 1989
et directeur des "virtuoses de Moscou"

émotion à le regarder jouer...il semble faire corps avec son instrument et il joue les yeux fermés, concentré sur sa musique...
émotion encore à la fin de l'Aria : l'archet est tiré imperceptiblement, le son meurt imperceptiblement,
la pointe de l'archet reste sur la corde,
la salle retient son souffle
sur son geste suspendu...
quelques secondes de silence,
de ce silence qui est encore de la musique,
puis d' un geste fougueux, l'archet s'élance vers le ciel...

et c'est alors le tonnerre des applaudissements.




(photo DNA)

mercredi 1 juillet 2009

les mygales et moi : quelques anecdotes

les mygales sont les reines de l'évasion :

A l'occasion d'un changement de frigidaire, les transporteurs m'appellent et me signalent une petite peluche oubliée derrière le frigo...C'était une de mes fugitives qui recherchant la chaleur y avait trouvé refuge...Ils sont repartis estomaqués, ébranlés, jurant qu'ils n'oublieraient jamais cette rencontre pour le moins étonnante, ni ma réponse qui assurait que l'on pouvait très bien cohabiter au besoin...

Une autre anecdote me retrouve au Collège lors d'une de ces inspections tant redoutées par les profs...C'était dans une classe de sixième...j'avais posé une boîte sur le bureau en demandant aux élèves : "what's in the box ? "
Et eux, connaissant ma passion pour ces animaux, avaient répondu :
"it's a spider, it's a spider !"
Et l'inspectrice de rétorquer, amusée : 
" it can't be a spider ! (impossible , cela ne se peut...)
J'ai alors soulevé le couvercle, tout doucement, mis ma main doucement, lentement dans la boîte, et une énorme araignée, des plus belles, des plus grosses, une Smithi du Mexique, se mit à grimper le long de mon bras sous le regard effaré de mon inspectrice...

 Ce jour -là, je devins Spider Woman

la belle et la bête






mes amies furent mes premiers modèles
mes filles
puis d'anciennes élèves

et pour moi, associer de telles beautés 
devint un réel plaisir
ma mygale préférée : la versicolor
la jamais semblable
mygale de Martinique appelée "matoutou"
arboricole et sauteuse

les mygales et moi

ici, une Emilia


c'était il y a bien longtemps, 20 ans je crois...Diana était encore toute petite et les mygales me terrorisaient. J'étais prof. Un pion du collège qui aimait la nature avait mentionné un certain Leetz qui avait chez lui des centaines de mygales.
Je me suis donc retrouvée devant sa porte... je me souviens que je tremblais littéralement...
A un moment donné , il a posé une grosse smithi (celle de la photo) dans la  petite main de Diana : si grosse cette mygale, que les pattes tombaient de chaque côté de la main, ,et  devant son courage, il lui en a offert une , toute petite, toute jeune à élever...
Et c'est ainsi, que petit à petit , elles me passionnèrent , ces mygales : 
leur beauté dangereuse m'avaient conquise. 
Il fut une époque où j'en ai eu une trentaine chez moi...

samedi 16 mai 2009

Seung-Ho Yang : son père et le livre sacré



Voici quelques mots d'Arnaud à propos de cette image :


Très beau moment de vie intérieure , rare - ce temps de prière individuelle - loin des artifices d'une pose, puisqu'il s'agit d'un cliché pris à l'insu du personnage. Les yeux et les lèvres qui récitent sont là au bout des doigts, plissés par les ans, tout comme les pages. Cette lumière parcimonieuse mais chaude, dont l'auréole baigne le livre et les mains, et les sculpte d'ombres et de clairs, nous invite à nous taire et ne pas déranger davantage, ce vieil homme qui converse sans doute déjà avec l'au-delà...



ce soir-là ,cadeau inattendu : à travers la porte de papier, j'ai aperçu le père, éclairé par sa lampe et chantant des litanies sacrées

la danse de Seung-Ho Yang




Ce même jour, il neigeait...j'ai pu assister à la danse sauvage de Seung-Ho sous la neige dans l'enceinte familiale

Seung-Ho Yang : la maison traditionnelle


les portes coulissantes, en papier donnent sur la cour intérieure
le chauffage au sol est alimenté par un âtre dans cette même cour .


C'est une maison basse sur pilotis avec une cour intérieure ouverte sur le ciel


La maison "de papier"

C'était en Février 2000...
samedi 5 février :
"la maison de papier se réveille à grands fracas : de toux , de raclements de gorge, de bruits de casseroles : c'est la fête, le Nouvel AN ,
SOL-NAL
rite d'offrandes aux ancêtres, en guise de respect..."

à Naeri, en Corée, la maison des parents de Seung-Ho est traditionnelle comme celle des pêcheurs du bord de la Mer Jaune...


jeudi 14 mai 2009

chez Seung-Ho Yang : le trou de la pieuvre

La marée était basse
...
Seung -Ho avait mis dans la mer des poteries...et merveille, des petits escargots au bout de quelques mois s'étaient incrustés...c'était beau :
les poteries de la mer...

Je l'avais accompagné alors dans la mer avec mon attirail photos autour du cou pour prendre des images...

Puis tout à coup , des appels : vite, vite, il faut rentrer, la mer remonte !
Se dépêcher alors ,
et prendre la mer de vitesse ...
L'eau monte...j'en ai jusqu'aux mollets, aux genoux...

Puis tout à coup , le sol, le sable s'ouvre sous mes pieds et je me retrouve happée , aspirée jusqu'à la taille, collée , engluée...
Ils sont venus me tirer de là , à deux, m'extirper de la mer...

J'ai appris pas la suite que les pieuvres creusent des sortes de trous dans le sable
et que je m'étais fourvoyée dans l'un d'eux !

La Corée de Seung-Ho Yang : à Naeri



Hommes et femmes travaillent dur dans leur parc à huitres ...
La mer est glacée


Pêcheurs, et paysans qui cultivent le riz
rizière gelée en hiver.





C'était en Février 2000...
je me souviens qu'il faisait moins 20 degrés...
et que le vent de Sibérie me semblait impitoyable ...
Ici, le lac est gelé :
les pêcheurs ont creusé un trou dans la glace pour pêcher
et se chauffent avec un petit fourneau posé sur la glace








Je me suis retrouvée en Corée, par deux fois , invitée par Seung-Ho ..

Les parents de Seung-Ho habitent un petit hameau au bord de la Mer Jaune, Naeri, à la pointe Ouest extrême loin de la capitale aux tours monstrueuses et allures de ville américanisée...

lundi 6 avril 2009

les vipères de Saint Exupéry

Je me souviens d'un texte de dictée tiré de Terre des Hommes de Saint Exupéry...
Il avait été invité à passer la nuit dans

"une étrange maison, trapue, massive, presqu'une citadelle..."
Alors apparurent deux jeunes filles .
-"elles sont sauvages " dit simplement le père...

Et mes deux fées silencieuses surveillaient toujours si bien mon repas, je rencontrais si souvent leur regard furtif, que j’en cessai de parler. Il se fit un silence et pendant ce silence quelque chose siffla légèrement sur le parquet, bruissa sous la table, puis se tut. Je levai des yeux intrigués. Alors, sans doute satisfaite de son examen, mais usant de la dernière pierre de touche, et mordant dans son pain de ses jeunes dents sauvages, la cadette m’expliqua simplement, avec une candeur dont elle espérait bien, d’ailleurs, stupéfier le barbare, si toutefois j’en étais un :

« C’est les vipères. »

Et se tut, satisfaite, comme si l’explication eût dû suffire à quiconque n’était pas trop sot. Sa sœur glissa un coup d’œil en éclair pour juger mon premier mouvement, et toutes deux penchèrent vers leur assiette le visage le plus doux et le plus ingénu du monde.

«. Ah !… C’est les vipères… »

Naturellement ces mots m’échappèrent. Ça avait glissé dans mes jambes, ça avait frôlé mes mollets, et c’étaient des vipères…

Heureusement pour moi je souris. Et sans contrainte elles l’eussent senti. Je souris parce que j’étais joyeux, parce que cette maison, décidément, à chaque minute me plaisait plus ; et parce que aussi j’éprouvais le désir d’en savoir plus long sur les vipères. L’aînée me vint en aide :

« Elles ont leur nid dans un trou, sous la table.

– Vers dix heures du soir elles rentrent, ajouta la sœur. Le jour, elles chassent. »

À mon tour, à la dérobée, je regardai ces jeunes filles. Leur finesse, leur rire silencieux derrière le paisible visage. Et j’admirais cette royauté qu’elles exerçaient…

les vipères de mon enfance


Chaque année nous nous retrouvions chez mon grand-père en Bourgogne, à Segrois près de Nuits-Saint-Georges pour le temps des vacances . Nous y vivions en petits sauvages heureux à courir la montagne avec les enfants du village et seule la trompe de mon grand-père nous ramenait au monde des adultes...
Chercher les vipères, les débusquer dans les pierriers faisait partie de mes rêves terrifiés. Depuis toujours, je scrute la nature à la recherche de ses trésors.
J'ai passé ainsi des heures sur les pierriers à soulever les pierres calcaires, blanches et chaudes et découvert des fossiles qui déjà me ravissaient.

J'aime les pierres et j'en rapporte de mes voyages dans mes valises ...
"Madame, vous avez quoi dans votre valise ? " me demandaient les élèves au retour d'un voyage en Angleterre...

Pour en revenir aux vipères, je me souviens que mon grand-père un jour nous avait dit :
"aujourd'hui, je vous emmène aux vipères" ! comme il aurait dit aux champignons ou aux noisettes. Il avait été instituteur de village et aimait nous apprendre la nature avec emphase et un rien de mystère.
Nous l'avons donc suivi dans un silence religieux à la queue-leu-leu . Il fourrageait les taillis avec sa canne et avait exhibé une longue vipère sinueuse...nous étions terrorisés et admiratifs.

peut-être ma recherche du mamba noir au Sénégal vient-t-elle de ce souvenir intense ?

la faune du BOLLENBERG


à partir du 1er avril au Bollenberg, l'accouplement des vipères (aspic)




le lézard vert émeraude...






une quadratus


ici, une araignée très rare : l'érésus mâle

la chryops mâle


le papillon hirondelle de mon enfance bourguignonne

la flore du BOLLENBERG


l'ophrys bourdon


la colline sèche du BOLLENBERG


au loin, la plaine d'Alsace
vue du Bollenberg



Le Bollenberg


Une colline magique , calcaire , non loin de Rouffach, à 17 kms de Colmar en Alsace.
c' est une zone protégée, avec une faune et une flore toute particulière. La présence de nombreuses plantes rares et médicinales a de tout temps attiré les herboristes et les guérisseurs. Dans des temps où la connaissance n'était pas répandue, ces personnes ont souvent été considérées comme des sorciers ou des sorcières. Et le Bollenberg a toujours été considéré comme un lieu de Sabbat, lieu de toutes les débauches.

samedi 7 mars 2009

Solal et le déluge à PERNES LES FONTAINES


C'était il y a quelques mois à Pernes les Fontaines...

Nous avions essayé de les compter les quelques quarante fontaines de cette petite ville ,.
Pour la plus grande joie d'ailleurs de Solal qui avait trois ans et demie à l'époque.
Le ciel s'était fait menaçant, il y eut quelques coups de tonnerre puis ce fut le déluge.
Nous nous sentions bien à l'abri dans la Kangoo de Diana lorsque cela arriva ...
Du haut mur qui bordait la route , jaillissaient des trombes d'eau spectaculaires...les bouches d'égouts vomissaient l'eau par jets et la route se transforma en un torrent en moins de cinq minutes...
La panique s'empara de moi.
Et moi, la mamie de Solal, je me mis à crier : "Maman , j'ai peur !"
Diana , à mes côtés, saisie d'un fou rire nerveux essayait de téléphoner pour demander ce qu'il fallait faire dans ce cas-là

Et Solal, à l'arrière, pas le moins du monde perturbé par la situation, chantait :

"Ô douce nuit
belle nuit
sous un ciel d'Italie
on l'appelle la bella Note "
.......
et je n'ai pas fait une seule photo de la route transformée en torrent tant j'étais perturbée !




vendredi 13 février 2009

la longue journée du diplôme de soliste de SOOJIN LEE


16 heures :
répétition avec l'orchestre de Florence Malgoire


l'habillage....à deux


la dernière répétition




dernier réglage...


LE CONCERT :






les remerciements, après le concert...





Bruno Cocset son professeur à l'honneur...


la fête, ensuite avec Emmanuel et ses amis

lundi 26 janvier 2009

De L'amour

Elle, elle s'appelait Illam...toute menue et gracieuse, délicate , aux yeux clairs et au pelage blanc. Elle avait gardé l'aspect gracile des bébés chats.
Lui, il n'avait pas même de nom...C'était un chat immense au pelage dense comme du velours noir , aux yeux jaunes et à la limite de la sauvagerie. On ne pouvait l'approcher sans qu'il se mette à cracher sa hargne peureuse.

La petite chatte blanche ne quittait guère la maison, peureuse et prudente. Puis ce fut l'époque de ses premières chaleurs...

Une scène mémorable me revient...
Il est entré par la porte-fenêtre , s'est approché de la petite chatte blanche nullement terrorisée, et comme tétanisée, en boule sur le parquet de chêne...
Il l'a soulevée par le cou, lui, le double d'elle par la taille ,elle, se laissant faire, docile et soumise et, comme on commet un rapt...il "se l'est" emportée dans le jardin, petite chose d'amour consentante et éperdue.

C'était émouvant

samedi 3 janvier 2009

L'illwald : L'hôte de ces bois

















L'hôte de ces bois

et sa course effrénée devant les chasseurs




dans L'Illwald : écorces de frênes et chasseurs de daims






Les daims sont très friands des écorces des arbres : en l' occurrence , ici, les écorces des frênes, normalement protégés par des grillages...Les hordes de sangliers s'y infiltrent facilement suivies gaillardement par les daims et les chevreuils...
Malheureusement donc, les chasseurs sont sollicités par les forestiers pour réduire "scientifiquement " le nombre des daims.
Les daims ont été introduits dans l'Illwald dans les années 1800
On procède à un comptage chaque année pour déterminer quelles bêtes doivent être éliminées...











L'Illwald , une forêt d'aulnes et de frênes





la forêt de L'Illwald , alluviale , est composée en majorité d'aulnes et de frênes.
Ici, ce sont des frênes au coeur noir , et qui jouxtent les aulnes au coeur rouge , dont j'ai parlé dans un de mes billets de l'année dernière ...




C'est le seul endroit de France où les daims sont aussi nombreux : 500 à peu près
et qui vivent en totale liberté sur le territoire de la réserve de près de 2000 ha












jeudi 1 janvier 2009

dans l'IllWald : l'arbre aux poules !




J'ai fait la rencontre aujourd'hui d'un personnage étonnant de L'Illwald (traduire la forêt de L'Ill , qui est un bras du Rhin).
Personnage que je vais vous présenter petit à petit dans ce blog.
Il s'agit de L'Indien de L'Illwald, Jean-Pierre Stoll....

Mais d'abord, imaginez ma surprise, quand au détour d'un chemin, à cette heure que l'on appelle "entre chien et loup", je tombe non pas sur un arbre de Noël, mais un arbre aux poules !
Des poules en liberté et qui savent lorsque vient la nuit, que le renard rode ....

mardi 23 décembre 2008

NOËL : la tempête de 1999



Tout le monde se souvient de cette fameuse tempête de Noël 1999
Nous avions deux sapins et un pin dans le jardin. Je les adorais pour le chant du vent dans les branches, et parce qu'en hiver , des familles de moyens-ducs venaient les habiter.
Est survenue la tempête suivie par un spectaculaire capharnaüm sans autre conséquence que matérielle...
Et pourtant : comme je regrette ces moyens-ducs qui avaient choisi nos sapins pour y passer l'hiver...

NOËL : ou la tyrannie du bonheur obligatoire...


NOËL 1956, Colmar

J'avais 14 ans à l'époque...Je me souviens du déferlement des chars russes qui envahirent la Hongrie en Novembre 1956 pour écraser l'Insurrection hongroise...la Hongrie étant considérée par tous comme située dans la zone d'influence de l'URSS. Ce qui explique qu'une réaction militaire des Etats-Unis ou de ses alliés aurait été perçue comme une ingérence intolérable par les Soviétiques...
Ce Noël 1956 reste marqué pour moi par deux choses : le froid glaciaire de cet hiver du -20° _30° même...Je me souviens que les grenouilles du bassin, prises dans la glace, montraient leurs ventres jaunes, incongrus et dilatés...
Cette année-là, donc, beaucoup de familles en Alsace avaient accueilli pour leur fête de Noël un réfugié Hongrois...Le nôtre s'appelait Henrik...
Nous avions honte de notre bonheur, de nos petits cadeaux ( même s'ils n'avaient rien à voir avec l'orgie acheteuse de notre époque actuelle) , de notre cocon familial et préservé, alors qu'il avait dû fuir son pays dévasté...

un autre Noël : NOËL 1957

Un Noël de larmes...Mon père était mort brutalement d'un infarctus en Septembre nous laissant nous ses 7 enfants dans l'effarement de sa disparition.
Je ferme les yeux, et je le vois là , mort, étranger...Je me souviens avoir touché sa joue de mon index, et mon doigt y a laissé son empreinte comme dans une pâte à modeler toute douce.

Mon grand-père l'avait suivi de peu...Ce grand-père qui nous accueillait chaque année à Segrois, un petit village de Bourgogne où nous vivions les trois mois de l'été, chaque année, en petits sauvages heureux...

Puis ce fut l'horreur, deux jours avant Noël
Ma soeur aînée venait pour nous voir dans la maison familiale. Un platane, du verglas une courbe de la route...On l'a retrouvée, petite chose menue , sans vie, plaquée contre le volant de sa traction noire. Elle s'appelait Simone , elle avait à peine trente ans et a laissé trois jeunes enfants.

Je n'ai plus jamais aimé les fêtes de Noël.

mercredi 17 décembre 2008

le mamba noir


Etrange association d'idées : cet arbre, ce cerisier bien de chez moi dans les Vosges, me fait penser au mamba noir que j'essayais de débusquer dans la Savane Sénégalaise...

Il y a quelques années, je me trouvais alors, seule dans un centre pour enfants de la rue près de Dakar à Rufisque...Les enfants m'avaient dit que non loin du baobab , dans les fourrés, se trouvait un gros mamba noir...

L'idée du danger me plaît...Comment l'expliquer ? Je fonce toujours prête , grâce à une bonne dose d'inconscience...et ce n'est qu'après, rétrospectivement que la terreur me saisit, surtout là, lorsque je lis sur le Net que le mamba peut atteindre 4m de long qu'il est très agile sur la terre comme dans les arbres, et que sa morsure est fatale ...

Ce jour-là donc, je me retrouve à guetter ce mamba noir dans les fourrés pour naïvement le prendre en photo...
C'est alors que tout à coup , de derrière des arbustes, je vois arriver en se dandinant lourdement , un varan de taille très respectable...
Et là, la panique...!
Je recule, doucement , lentement, pour ne pas me faire remarquer...persuadée qu'il ne va faire de moi qu'une bouchée...!

Je ne suis plus jamais allée à la recherche du mamba noir .....!

dimanche 14 décembre 2008

mots d'enfants : "le petit choc " de Thomas

Thomas, mon petit fils passait un week-end avec Samuel chez ma soeur dans la montagne...

Au menu du déjeuner, poulet et légumes sont prévus .
Samuel avait alors 9ans et Thomas, 6ans

Sam explique qu 'ayant vu à la campagne comment on tuait les poulets, il avait eu un choc et n'arrivait pas à les manger depuis.
-"Pas grave", répond ma soeur Manon," tu mangeras du fromage"...
Le moment de passer à table arrive...
Petit Thomas se rend dans la cuisine et dit tout bas sur un ton de confidence :
-"tu sais , Manon, il faut que je te dise quelque chose ...J'ai eu moi aussi un petit choc... avec la salade...."

vendredi 21 novembre 2008

mots d'enfant : Petit Thomas au C.P.

Extraordinaire pureté des enfants...

Après la Maternelle, il n'est pas toujours facile pour un enfant de s'adapter aux règles des adultes...

Voici ce qui est arrivé à Thomas mon petit fils...

Ma fille se fait convoquer chez la maîtresse...

Un enfant de la classe de Thomas se trouvant avec sa maman chez cette même maîtresse à la question de la maman
-"alors,dis-moi pourquoi tu n'as pas obéi, pourquoi tu n'as pas écouté et fait ce que la maîtresse te demandait de faire "...?
il répond :
"elle m'énerve....."

le lendemain, débat avec la classe :
la maîtresse :
-"voilà...il paraît que j'énerve Mathieu...alors je voudrais bien savoir si dans la classe, il y en a parmi vous qui ont quelque chose à dire,...et que la maîtresse énerve ...?"

Et Petit Thomas, hésite, lève le doigt , et dit :

-"moi aussi...elle m'énerve !..."
voici Petit Thomas à deux ans

jeudi 30 octobre 2008

la Tentation d'Eve à Autun : l'éternel féminin

Ce portrait d'enfant espiègle m'a toujours fait penser à la petite Eve d'Autun




La Tentation d’Ève est une scrulpture représentant une femme nue couchée. Ce bas-relief, attribué à Gislebert, ornait le linteau du portail nord de la Cathédrale Saint-Lazare d'Autun, il est daté de 1130 environ. Il fut démonté en 1766, les chanoines du XVIIIe siècle étant probablement moins ouverts à la nudité que ceux du Moyen Âge.





Chaque fois que je passe par Autun, je me rends au musée Rolin près de la cathédrale St-Lazarre pour y admirer la petite Eve ...
Il représente Ève couchée, le corps ondulant dans une posture sensuelle, juste au moment qui suit la consommation du péché, et qui précède la punition divine. Elle tend la main dans son dos, tenant la pomme représentant le péché originel. À droite, se trouve l'arbre de la connaissance, le serpent encore présent et le diable qui fuit, représentant la force qui pousse l'humanité au mal. Le visage d'Ève reflète l'expression d'une femme qui vient de consommer le péché. C'est la première représentation d'une femme nue dans la statuaire médiévale. Cette œuvre est exposée au Musée Rolin, à Autun. L' œuvre est incomplète : Adam, qui se trouvait à gauche, a disparu, tout comme Satan, dont il reste la queue, à droite.

dimanche 19 octobre 2008

Korean firing : the end of the ceremony with SEUNG HO YANG



la fatigue, les stigmates sont là ....et surtout cette tristesse ambiguë de l'oeuvre qui se termine


après une semaine de lutte avec et contre le feu,





Assister à" la fin " de la cuisson a quelque chose de déprimant et d' angoissant : il faut fermer , emmurer le feu, très vite , alors (les surfaces des céramiques deviennent mates, métalliques et sombres)...

Et je ne sais pourquoi ces images moyenâgeuses de ces familles atteintes par la peste et emmurées vivantes me sont venues à l'esprit, tant le feu m'avait semblé vivant et humain dans sa force extraordinaire...

On voit ici la glaise qui a colmaté l'ouverture du kiln
Le feu alors se cabre , rougeoie sous le manque d'oxygène, et va peu à peu devenir bleu, puis s'éteindre . Il faudra compter 8 jours encore avant de pouvoir ouvrir la bête.

Firing Ceremony with Seung Ho Yang ou combat avec et contre le feu pendant une semaine



L'ANTRE DE VULCAIN

la température atteint 1300 ° : les pièces de céramiques sont translucides sous la chaleur



la bête devient plus gourmande encore : il faut la nourrir par les ouvertures latérales
frénésie de l'enfournement au royaume de Vulcain




la bête, le dragon prêt à recracher toutes les flammes de l'enfer


On assiste d'abord au rituel coréen d'ouverture : avec le symbole d'offrande de l'eau et du sel pour éloigner les mauvais esprits...
Puis le feu est allumé , devant le four, et seules les vapeurs de ce feu vont tout doucement en sécher les parois ...et tout doucement, continuer le feu à l'intérieur...le problème pendant quelques jours sera de retenir le feu le brider ...pour que la température à l'intérieur monte lentement.

Ce n'est qu'au bout du 4ème ou 5ème jour, que la bête va se réveiller, et devenir gourmande et exigeante...monstre qu'il faut nourrir jour et nuit pendant une semaine.

jeudi 16 octobre 2008

avec SEUNG HO YANG : construction d'un "kiln" en Europe et en Corée

où Seung Ho rattrape au vol la boule d'argile


la glaise mélangée à la paille et au sable, est roulée en boules et jetée en haut de la chaîne pour pallier le manque de possibilité de l'y transporter


Ici, en Corée, au bord de la Mer Jaune, j'ai assisté à la construction d'un kiln à plusieurs chambres



Ce ventre de terre , avant la cuisson, inoffensif encore, construit ici sur le modèle coréen à Montigny près de Laborne centre de céramistes près de Bourges.
Recouvert de sable mélangé à de l'argile et de la paille.
Quand Seung Ho au début des années 1980 s'est installé à Laborne , il a été surpris de constater que là-bas se trouvaient déjà de ces fours . Ils dateraient paraît-il de quelques siècles , originaires de Chine, et se retrouveraient donc repris par les japonais et Coréens

mercredi 15 octobre 2008

SEUNG HO YANG céramiste coréen , maître du feu



les poteries de Seung ho parlent du chant de la nature, de la mémoire des arbres, et de son pays




J'ai rencontré Seungho en 1998 près de Laborne non loin de Bourges , à l'occasion d'un "firing" ou cuisson des objets que ses jeunes stagiaires de Mulhouse avaient réalisés sous ses conseils...
Je suis restée avec eux pendant une semaine environ le temps de terminer le four ou "kiln", d'enfourner et d'assister à cette cérémonie spectaculaire et qui fait partie de la culture coréenne.
J'ai filmé, réalisé un film vidéo "terres brûlées", film que Seungho utilise depuis en Corée, en France, en Suisse où il expose.Cela m'a menée ensuite jusqu'en Corée , la Corée profonde et authentique , dans sa famille paysanne , au bord de la Mer Jaune...
J'ai pu grâce à lui, y découvrir des Shamanes , des adeptes de Conficius, vivre 24 heures de la vie de moines boudhistes, et réaliser un autre petit film : "the spirit of Korea".

jeudi 9 octobre 2008

SAVINA YANNATOU.........et KAYA

cliquez sur l'image à droite dans la colonne , et revenez sur le blog , vous entendrez la voix de Savina Yannatou en même temps que les images de Kaya : merci Pierre







Pour arriver à l'église du haut, il faut emprunter un petit chemin qui mène à un point de vue magnifique



C'est Pierre S. d'Ipernity qui m'a donné l'envie de parler de Kaya...
Il m'a fait connaître cette "déesse grecque ": Savina Yannatou à la voix troublante, et j'ai eu envie de l'associer à cette ville ...
Nous cherchions, Diana et moi à l'époque les petits coins perdus loin des touristes, et le guide du routard nous a menées à Kaya :
une ancienne ville grecque abandonnée après la guerre de 1922 et restée presque en l'état : une véritable ville fantôme. Beaucoup de maisons on perdu leur toit mais l'ensemble dégage une grande poésie teintée de tristesse...

La Turquie "initiatique" : KAYA












C'était il y a trois ans . Le petit Solal avait tout juste 3 mois, et " têtait encore sa mère" comme dit La Fontaine.
Nous nous sommes retrouvées Diana ma fille et son petit bout et moi sur les routes de Turquie pour un voyage initiatique...
Nous prenions le bus de nuit et sur place nous déplacions dans une voiture de location.
Nous faisions sensation : Deux femmes et un bébé, comme ça, sans homme, à traverser la Turquie...
Solal et ses sourires, attirait toutes les bénédictions...

"Machala, Machala"
...et se faisait offrir de ces petits yeux bleus porte-bonheur de là-bas.

dimanche 5 octobre 2008

Pierre Bonte et Raoul Boudin

ou,
SI TU VOYAIS LES AUBES SUR LA LOIRE

en revenant de la Nièvre, je suis allée à la recherche de Raoul Boudin sur le Net...et j'ai trouvé ce petit chapitre de Pierre Bonte sur ce personnage délicieux,qu'était Raoul Boudin alors en 1976
dans son livre
"le bonheur est dans le pré"


Il faut une certaine témérité pour pénétrer dans l'unique pièce de 20m carrés où vit M.Raoul Boudin, à Suilly-la-Tour (Nièvre). On ne peut faire un pas dans ce capharnaüm sans se heurter à un meuble ou à un objet quelconque. Les autres habitants de la commune le regardent de travers. "c'est un original", disent-ils avec condescendance. Mais M. Boudin s'en moque.

- Quand ils disent de quelqu'un qu'il est original, c'est parce qu'ils n'osent pas dire qu'il est un petit peu fou. Mais je suis fou comme les autres. On est toujours fou par rapport à quelqu'un qui vous juge sans savoir. C'est tellement facile de juger ce que l'on ne connaît pas. Et c'est ce que préfèrent les gens : moins ils connaissent , plus ils jugent.

- à quoi servent tous les objets qui sont ici, dans cette pièce ?
- ils ont servi, ils pourraient servir si je n'étais pas un vieillard cacochyme. Mais ils servent quand-même parce que lorsque passe un ami , il vient me dire : "oh, tu as cette affaire-là ? -oui, ça t'intéresse ? -oui.-Alors, emporte-la, elle est pour toi."

- et les toiles d'araignée, elles servent aussi à quelque chose ?
- Les toiles d'araignée ont une autre raison d'être. La grêle a crevé un de mes carreaux, d'un petit trou rond qui est bien connu du camarade troglodyte. Et quand il fait quelque peu froid, le troglodyte vient à passer près de moi la journée ; il s'approche jusqu'à 50 cm de moi, et s'en va ensuite le ventre en l'air , là-haut dans les solives. Et il fait de ces safaris d'araignées ! Il en ramasse des ventrées ! Quand il fait froid dehors, pourquoi chasserais-je cet oiseau ? Je les lui garde, ces araignées. C'est pour lui.

- Je vois également que votre lit est rempli de toiles d'araignées, vous couchez littéralement dedans .
- Mon lit n'est pas un lit, c'est un terrier. Je suis veuf depuis 9 ans, et il n'a pas été refait depuis.

- Plus je regarde cette pièce, et plus je suis sidéré. Quel fourbi !
- Je ne l'ai pas mise dans cet état-là exprès pour te plaire. Excuse-moi si je suis un peu tutoyeur. Cela reste de mes relations de jeunesse avec les camarades anarchistes qui disaient qu'on ne tutoie spontanément que ceux qui le méritent par leur sympathicité. Maintenant, donne-moi le temps, s'il te plaît, d'allumer ma cigarette. Je me les roule à la main, mais une par une.

- Vous lisez beaucoup ?
- Chaque fois que je peux. Je lis tout ce que je peux. Malheureusement, les livres sont très cher. Et si quelqu'un de généreux voulait me rendre un grand service, ce serait de me donner de ces livres qui permettent de faire un voyage gratuit à travers la France. Il y a la Savoie, le Dauphiné, la Provence, le Languedoc, la Bourgogne, tout .

- Quelle est votre grande joie ?
- C'est de me lever le matin quand il ne fait pas froid et, dès l'aube, regarder venir les couleurs par l'envers des nuages. Cela commence par un jaune qui ensuite devient rose et puis lilas ; et, petit à petit, le jour vient; ensuite on passe à l'aurore, et là c'est le grand triomphe de la lumière. Quand j'avais mon bétail, quand j'avais mes vaches, j'interrompais ma traite pour regarder venir l'aube.
Et si tu voyais les aubes sur la Loire, si tu voyais les crépuscules sur la Loire, si tu pouvais sentir l'odeur amère de l'osier, l'odeur fade de la vase et si tu voyais u haut de Beauregard, près de Bois-Gibaud, par un jour de beau soleil, tu croirais une coulée de vif-argent qui passe, arrondissant ses croupes comme une sultane sur ses coussins de sable chaud. Elle clignote, elle clignote ; elle semble faire de l'oeil à ses amants qu'elle appelle. J'en suis amoureux fou de la Loire !

J'aime la vie comme j'aime la vie de l'arbre, de la plante, de la fleur, de l'insecte, du crapaud...et de l'araignée.






Raoul Boudin, poète-paysan et Compagnon




et un poème pour ne pas oublier de rêver, dans la vie
CAR NE PLUS RÊVER, C'EST MOURIR


le personnage :
et, dont les écrits inédits ont été confiés à Nicole par Louison Roblin

histoire d'une amitié

et petit mot de Louison à Raoul
petit mot de Raoul à Louison

Raoul Boudin et Louison Roblin : histoire d'une amitié


Lors de mon passage à
Ste Colombe - des - Bois, Nicole était en train de présenter une exposition autour de ce personnage "Rare" originaire de Sully-La-Tour, lieu de l'exposition, et ami de Louison.

les voici tous les deux

Louison Roblin : jeune actrice et lors d'une émission actuelle


Louison Roblin : chanteuse et actrice





Louison Roblin, née en 1937 vit dans le même petit village que Nicole Bachelard :
Ste Colombe-des-Bois.

Parmi tous les films dans lesquels elle a joués, une soixantaine en tout, je vais retenir quelques titres qui me parlent :

1951 : l'amour , madame
1966 : les illusions perdues
1975 : les galettes de Pont-Aven
1979 : le diable aussi a des ailes
1992 : une famille formidable
1999 : le battement d'ailes du papillon

clin d'oeil de Jacques Fabri: sa "chaise percée"








Parmi les objets rares que collectionne Nicole, voici la chaise percée du malade imaginaire de Molière, utilisée par Jacques Fabri sur la scène.

L'été pêle-mêle : la Nièvre de Nicole

Nicole Bachelard : (quel merveilleux nom déjà ...à faire rêver)
passionnée, passionnante, amoureuse d'objets anciens rares, et ce n'est pas pour rien qu'elle se trouve présidente du" Donziais villages R'Art " .
Amie de Louison Roblin, chanteuse et comédienne....amie elle-même d'un personnage "rare"aujourd'hui disparu : Raoul Boudin

vendredi 3 octobre 2008

la belle endormie du jardin de Versailles

L'été pêle-mêle : Notre Dame de Paris


Notre Dame de Paris

la galerie des chimères, dessinées par Viollet-le-Duc au XIXème siècle, monstres fabuleux perchés sur les tours...


Notre Dame de Paris fut aussi le théâtre du roman de V.Hugo paru en 1831, qui a obtenu immédiatement un immense succès.

Dans un Paris moyenâgeux, la belle Esmeralda fait battre le coeur de tous. Mais la jeune gitane est accusée de sorcellerie et doit être pendue : elle se réfugie dans la cathédrale Notre-Dame de Paris,où l'on ne peut l'atteindre grâce au droit d'asile. Quasimodo, bossu au grand coeur et sonneur de cloches de l'édifice, est prêt à se battre envers et contre tous, pour la sauver....


Extraits:

Première phrase:
Il y a aujourd'hui 348 ans ,6mois et 19 jours que les Parisiens s'éveillèrent au bruit de toutes les cloches sonnant à grandes volées dans la triple enceinte de la Cité, de l'Université et de la ville.

Dernière phrase :
Quand on voulut le détacher du squelette qu'il embrassait, il tomba en poussière.

Morceau choisi :
Elle n'était pas grande, mais elle le semblait, tant sa fine taille s'élançait hardiment. Elle étaitbrune, mais on devinait que le jour sa peau devait avoir le beau reflet doré des Andalouses et des Romaines. Elle dansait, elle tournait, elle tourbillonnait sur un vieux tapis de Perse ; et chaque fois qu'en tournoyant sa rayonnante figure passait devant vous, ses grands yeux noirs vous jetaient des éclairs.


et SOOJIN

"maître et élève" : B.Cocset et Soojin Lee



pour un voyage en Italie

"maître et élève " : N.Hostettler et J.Zhu



un clavicorde couleur miel et à la sonorité douce et intimiste

jeudi 18 septembre 2008

découverte du clavicorde


Oui, pour moi , une découverte, le clavicorde , l' ancêtre du piano-forte et de notre piano actuel...

Ecoutez Marcia Hadjimarkos, instrumentiste aux Etats-Unis en parler

:"Le clavicorde, cet instrument individuel, mélancolique, à la douceur ineffable, a certains avantages sur le clavecin et sur le piano-forte lorsqu'il a été fabriqué par un maître.

Il produit des couleurs musicales vives aussi bien que des demi-teintes, des notes qui enflent puis s'évanouissent doucement, des trilles fondants qui palpitent à peine sous les doigts, et il fait sonner le portato aussi bien que le vibrato ; en un mot, il dispose d'une nuance d'expression pour chaque nuance de sentiment.

Tout ceci peut être reproduit et suscité par la pression plus ou moins vigoureuse ou délicate d'un doigt, et par la vibration et la pulsation des cordes.

Ceux qui n'apprécient pas le fracas, la frénésie ou les orages, et dont le cœur trouve volontiers un soulagement bienvenu dans le débordement de doux sentiments, laisseront de côté le clavecin et choisiront le clavicorde.

Lorsque vous improvisez sous la lumière de la lune ou que vous rafraîchissez votre âme par une nuit d'été, ou lorsque vous célébrez une soirée de printemps : ah ! détournez-vous alors du clavecin strident. Voyez votre clavicorde, il respire aussi suavement que votre cœur".

mardi 9 septembre 2008

Clandestino : l'histoire de Taylan Cihan


Son histoire aurait pu se terminer tout autrement ...

Après avoir été formé par un grand joueur de sazturc à Istambul , avoir été admis à l'Ecole des Beaux Arts, Taylan Cihan se retrouve à Genève à se produire avec différents ensembles de musique turque...

Mais voilà aussi que ne pouvant prolonger son séjour , il reste "caché " pendant un an et demie pour ne pas se faire expulser...et joue, joue pendant tout ce temps plus de 14 heures par jour...
Une fois sa situation réglée, joliment et amoureusement réglée, il se présente au Conservatoire de Musique Ancienne de Genève, le CMA dirigé par Francis Biggi...et joue , et sa virtuosité était déjà telle qu'il éblouit tout le Conservatoire.
écoutez-le sous ce lien :

http://www.concerto-angelico.com/pdf/CA2008S/08-10-2sisin.mp3

"maître et élève": Francis Biggi et Taylan Cihan




Cette année, le festival a présenté une série filiation, et quand ce fut au tour de Francis Biggi et Taylan Cihan ,ce fut une vraie fête d'improvisation à deux...comme Francis aime à le souligner, "ils apprennent et enseignent en même temps, voyageant depuis quelques années dans un même territoire fait de musiques sans passeport...un échange où l'élève met en jeu ses extraordinaires dons de musicien, sa curiosité, son enthousiasme, tandis que le "maître" peut offrir son expérience et lui aussi, sa curiosité et son enthousiasme".

la fête des instruments anciens












saz et luth










flûtes baroques

jeudi 4 septembre 2008

l'été pêle-mêle : à Megève






A suivre en tant que photographe de la tournée, 85 jeunes solistes de 18 nationalités,
à Megève-Pays du Mont Blanc
pour son premier festival de musique ancienne.

Et si vous regardez bien sur les deux grandes affiches placardées,
vous y reconnaitrez deux de mes photos de l'année dernière.


.

jeudi 28 août 2008

extrait du livre 4 : Concerto Angelico

On interrogea le ciel.

Ce fut le ciel qui trancha...

Vite, vite démonter et mettre les instruments à l'abri au grenier...
Utiliser le groupe électrogène pour la lumière et se laisser aller au plaisir de la musique mêlé au crépitement assourdissant de la pluie d'orage sur le toit de tôle...ajouter quand même que le ciel s'est montré plus clément par la suite pour nous laisser savourer voix et clavecin.

Je crois bien que personne n'oubliera jamais ce moment d'émotion intense lorsque le groupe électrogène surchargé rendit l'âme et que dans le noir la voix de Magali continua , rendue plus superbe encore par l'absence de lumière et accompagnée au clavecin par Lionel, l'air lumineux entre tous du Messie de Haendel...

"Rejoice, rejoice...,rejoice greatly
rejoice, O daughter of Zion
shout O daughter of Jerusalem
behold...,thy King cometh unto thee "

Un moment de grâce pure...



extrait du livre 3 : Concerto Angelico





"Et pour toi, Soojin, c'est quoi l'harmonie intérieure ?
-
La modération, le silence, l'écoute, la paix.

Et si c'était une image ?
-
Moi, dans la mongtagne, dans la neige, en position "lotus".

Et si c'était un son?
-
L'eau qui ruisselle doucement.

Et si c'était un ressenti ?
-
la respiration , le souffle ..."

extrait du livre 2 : Concerto Angelico







Soojin elle aussi s'enhardit...

"J'ose ?...Te demander de faire cette photo que j'ai toujours rêvé faire ?..."

...et elle s'allonge sur le sol, défait ses cheveux et les étale comme un soleil noir autour de son visage...son violoncelle aimé à ses côtés.



violoncelle et moi, violoncelle émoi...

extrait du livre 1 : Concerto Angelico


Elle est toute menue, Jianning, et délicate. Elle a mis ce matin un chemisier bleu pâle en harmonie avec son teint, attaché ses longs cheveux de jais, comme on dit, en un petit chignon sage.

Et elle se raconte.

Sa vie de petite fille n'était pas facile, là-bas près de Canton. Elle jouait alors de l'accordéon comme on joue du piano, en le posant par terre pour faire comme si...

De la cour de récréation de son école, elle avait repéré une salle où se trouvait un piano. Et elle passait tout son temps, là, à le regarder, de derrière la fenêtre, comme hypnotisée.

"Mais que fais-tu donc là-bas tout le temps ?...il n'y a rien !"

C'est ainsi que sa passion s'est manifestée...

Son père alors la pousse et l'encourage, lui apprend les valeurs du travail bien fait, de l'effort récompensé. En Chine, le peuple aime à prendre pour modèle ces hommes qui ont réussi grâce à leur travail. Elle me cite alors le musicien Lang Lang.

l'été pêle-mêle : Concerto Angelico n° 1


cliquez pour agrandir l'image

comme l'année dernière, je me suis retrouvée à Megève pour suivre le festival de musique ancienne ...l'année dernière, c'était une troupe de jeunes musiciens que je suivais en tant que photographe.
Et voici mon livre qui avait parachevé cette expérience .

mardi 26 août 2008

l'été pêle-mêle : le musée DALI


"je veux que mon musée soit un bloc unique, un labyrinthe, un grand objet surréaliste. Ce sera un musée absolument théâtral. Les visiteurs en sortiront avec la sensation d'avoir eu un rêve théâtral."

Dali



M. Torga dit de lui :

"avec sa folie lucide qui joignait au génie l'audace subversive..."








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jeudi 3 juillet 2008

et...à Figuéras, le musée DALI , et l'esprit Dali

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à Cadaquès avec DALI

suivre et retrouver DALI à Cadaquès pour une petite semaine...

samedi 21 juin 2008

la fête de la musique

Et si on fêtait la musique chaque jour ?
La musique est le langage universel compris par tous les hommes, elle harmonise ceux qui se rassemblent en son nom...


"la musique chasse la haine chez ceux qui sont sans amour,
elle donne la paix à ceux qui sont sans repos,
elle console ceux qui pleurent"

Pablo Casals


"C'est important , la musique : la seule chose qui fédère les jeunes gens :
une sorte d'espéranto."
Françoise Giroud

"La musique, c'est partout pareil : ça rassemble, ça fait du bien ,
c'est un langage commun."
Jack Lang

Il y a de la musique dans le soupir du roseau
il y a de la musique dans le bouillonnement du ruisseau
il y a de la musique en toute chose
si les hommes pouvaient l'entendre..."
Lord Byron

"On ne vend pas la musique :
on la partage"
Bernstein





mardi 17 juin 2008

où sont nos amoureuses ?


Les Cydalises

Gérard de Nerval (1808–†1855)


OÙ sont nos amoureuses?
Elles sont au tombeau!
Elles sont plus heureuses
Dans un séjour plus beau!

Elles sont près des anges, 5
Dans le fond du ciel bleu,
Et chantent les louanges
De la mère de Dieu!

Ô blanche fiancée!
Ô jeune vierge en fleur! 10
Amante délaissée,
Que flétrit la douleur!

L’éternité profonde
Souriait dans vos yeux…
Flambeaux éteints du monde, 15
Rallumez-vous aux cieux!





M'interpellent aussi toujours
les visages de disparus que l'on retrouve sur les tombes.

lundi 16 juin 2008

Henri Bosco : 1888-1970

Qui ne se souvient de l'âne culotte ou du Mas Théotime ?


Le Lubéron selon H. Bosco peut offrir à celui qui perce ses mystères la révélation de la sagesse.

"tu es le pays des présences....

Mais tu n'es point pays funèbre. En toi ne disparaît personne. Le fruit est mûr, l'olivier tombe, l'olivier continue à vivre. Tu gardes tout...

Dès que tu es en vue, fût-ce à vingt lieues, tu nous attires sous des déplacements de forces magnétiques...
En toi, les mouvements de l'âme croisent les mouvements de la matière.
............
dans : Les Alpes de lumière

Albert Camus : 1913-1960



Albert Camus avait choisi refuge et avait passé là à Lourmarin
ses dernières semaines avant son accident de voiture, le 3 janvier 1960,
alors qu'il reprenait la route pour Paris, avec Michel et Jeannine Gallimard.











Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord vrai entre un homme et l'existence qu'il mène ?


Albert Camus (Noces )



Lourmarin, dans le Lubéron

Stratégiquement placé sur l'axe Marseille-Aix-Apt, Lourmarin fut dès le XIème sièle une importante étape commerciale...
Ce qui m'interpelle c'est, que ce village ait été déserté pendant un siècle
à cause de la peste et des pillages, au 14ème siècle et repeuplé par la suite par des familles vaudoises.

Mais ce qui m'y a attiré, plus que tout encore, c'est le petit cimetière, comme tant d'autres certainement, mais pas vraiment :

Emotion d'y chercher, et d'y retrouver parmi les orgueilleux monuments des familles bourgeoises, deux tombes d'écrivains aimés :
deux petites tombes perdues dans les lavandes
et qui nous en disent plus sur leur sagesse et authenticité.

Albert Camus

Henri Bosco


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dimanche 15 juin 2008

à mon père

une photo qui date des années 50...ce père trop tôt disparu, et que je ne cesse de chercher et d'évoquer. Il conjuguait l'amour de la nature sous toutes ses formes en nous apprenant le respect de toute vie. C'est grâce à lui que j'aime la musique classique et populaire. Il jouait au piano des concertos de Mozart, et Beethoven ...et plus tard, les découvrir en enregistrements fut toujours émouvant. Jusqu'à la musique "umpapa alsacienne"que je n'ai jamais pu renier.

né en 1896 , il est mort en 1957

Il s'appelait Marcel

samedi 14 juin 2008

pour la fête des pères

pour la fête des pères...

cette image prise en Corée et que je trouve émouvante :
le père qui retrouve son fils après de longs mois de séparation.

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dimanche 25 mai 2008

Ode à la femme

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Ode à la femme enceinte


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ode à la mère


La mère et l'enfant : un thème que j'ai toujours privilégié en photographie


Voir le diaporama à droite.

à ma mère

Aujourd'hui, c'est la fête des mères...

Une photo des années soixante...

Ma mère, au volant de sa petite 2CV, en balade avec 4 de ses petits enfants hilares et réjouis.

Comment ne pas la célébrer aujourd'hui ? ne pas penser à elle, qui de ses 7 enfants a eu la joie d'avoir 24 petits enfants ?

Née en 1906, elle nous a quittés en 1987

Elle s'appelait Emma

vendredi 23 mai 2008

Juan Carlos Caceres

retrouvez un extrait tiré de Youtube, sur la colonne de droite

Juan Carlos Caceres


JEAN CARLOS CACERES :
Possédé par une sorte de magnétisme tellurique, Cáceres a toujours été dans l’œil du cyclone.
Il arriva à Paris - est-ce un hasard ? - en mai 1968.
Né à Buenos-Aires en 1936, ce fils d'émigré italo-indien se découvre artiste très jeune. Pendant six ans, il suit les cours des Beaux-Arts, mais apprend aussi le trombone et surtout le piano.
Car s'il est amoureux du jazz, Cáceres a vécu toute sa vie au rythme du tango, ce style né à la fin du 19è siècle au bord du Rio de la Plata, dans les quartiers populaires de Buenos Aires.

Tango ! Un mot qui chauffe le cœur, ravive les sens et réveille des clichés latins... Pourtant, de par ses origines bantoues, le mot « tango » signifie tambour et désigne l'endroit où les esclaves se retrouvaient pour jouer leur musique et danser. Musique africaine donc, métissée, aux échos de milonga (chant lent et grave de la pampa), de candombé (rythmes afro-uruguayens), de murga (danse de carnaval) mais aussi de flamenco andalou, de habanera cubaine ou de ragtime.
Cáceres, lui, revendique haut et fort les origines africaines du tango, redonnant toute leur place aux percussions et cherchant inlassablement tous les ingrédients initiaux de cette culture de fusion.
C'est en 1993, à 57 ans, qu'il se décide enfin à faire en public ce qu'il ne faisait que pour ses amis : chanter. Sa belle voix chaude, un peu voilée, accentue le charme passionnel d'une musique dont il ne cesse de réaffirmer les racines.

surprise

Pour une fête des mères anticipée..
Me laisser mener par Diana vers une destination mystère...j'aime assez. Le GPS est dans la confidence et j'obéis..."...prenez l'autoroute...., tournez à droite,.....tenez votre gauche..."
Et nous nous retrouvons alors au Nord de Strasbourg : Bieschheim.

JUAN CARLOS CACERES est au programme pour son unique concert en France cette année.

Il faut que je précise que depuis le début de cette année, je suis inscrite dans un cours de Tango Argentin à Colmar.

Juan Carlos Caceres est là , à son piano : étrange voix suave et rocailleuse à la fois...et il parle et chante l'histoire du Tango .Quel dommage, nous sommes figés , assis , statiques, alors que les coeurs vibrent et que le rythme nous saisit...Nous sommes certainement trop sages à son goût, car quelques fois il nous toise d'un regard lapidaire...
Je ne le connaissais pas , et je suis conquise...

merci , Diana !

mercredi 23 avril 2008

marcher un livre à la main


La Durance

"La Durance est dans la plaine comme une branche de figuier. Souple, en bois gris, elle est là, sur les prés et les labours, tressée autour des islettes blanches. Elle a cette odeur de figuier : l'odeur de lait amer et de verdure. Elle a tant emporté dans ses eaux de terre à herbe, de terre à graine, de poids d'arbre ; elle a tant broyé de feuillages, tant roulé de grands troncs sur son fond sonore, tant enchevêtré de branchages dans les osiers de ses marais qu'elle est devenue arbre elle-même....."

Manosque-des-plateaux



Un livre magique à emporter avec vous si vous allez à Manosque et alentours...pour y retrouver au hasard d'un chemin la ferveur des mots , du texte de Giono lui-même ....suivez les petits chemins rocailleux et dont Giono écrivait alors :

" Provence mal connue, pauvre,
éloignée des routes,
une terre sans touristes heureusement,
tout humide encore
des eaux du déluge."

Ah , les mots de Giono..., et qu'ils voulait beaux !

"je découvris que l'écriture
pouvait être un dessin.
je n'écrivais pas bien,
j'écrivais beau."



vendredi 18 avril 2008

Manosque : sur les pas de Giono


avril 2008 : Manosque sous un ciel gris
sur la petite colline de Giono,
le Mont d'Or

samedi 9 février 2008

danse avec ma contrebasse


diaporama à droite

Julie

Dans l'orchestre....Julie et sa contrebasse

Florence Malgoire

Florence Malgoire , en train de répéter le Pygmalion de J.P. Rameau

Pygmalion

à la fin du mois de janvier, je me suis retrouvée à Genève à suivre la mise en place de l'oeuvre de Rameau : Pygmalion...
Je connaissais le Pymalion de B. Shaw , pièce de théâtre que javais étudiée autrefois.
Voici ce que wikipédia dit de l'oeuvre de Rameau...

Pygmalion ou plutôt Pigmalion, avec un "i" contrairement à la graphie admise habituellement[1], est un acte de ballet composé par Jean-Philippe Rameau sur un livret de Ballot de Sauvot.

Cette œuvre a été créée le 27 août 1748 au château de Fontainebleau. Elle est généralement considérée comme le meilleur acte de ballet de Rameau.

Le livret est directement tiré de la légende de Pygmalion telle que rapportée par Ovide dans Les Métamorphoses : celle du sculpteur qui tombe amoureux de son œuvre ; la statue se change en une très belle femme qui prend vie progressivement, déclare sa flamme au héros, et tout se termine — comme le veut le genre — par des danses célébrant le triomphe de l'Amour.

dimanche 27 janvier 2008

Fischer Diskau chante Erlkönig

écoutez Fischer Diskau sur youtube à droite

Erlkönig....texte

Erlkönig
Johann Wolfgang Goethe

Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?
Es ist der Vater mit seinem Kind;
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er faßt ihn sicher, er hält ihn warm.

Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ? -
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht ?
Den Erlenkönig mit Kron und Schweif ? -
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif. -

»Du liebes Kind, komm, geh mit mir!
Gar schöne Spiele spiel ich mit dir;
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.«

Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht? -
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind;
In dürren Blättern säuselt der Wind. -

»Willst, feiner Knabe, du mit mir gehn?
Meine Töchter sollen dich warten schon;
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.«

Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düstern Ort? -
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh es genau:
Es scheinen die alten Weiden so grau. -

»Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt;
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt.«
Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an!
Erlkönig hat mir ein Leids getan! -

Dem Vater grauset's, er reitet geschwind,
Er hält in den Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not;
In seinen Armen das Kind war tot.

Le Roi des Aulnes
Johann Wolfgang Goethe

Qui chevauche si tard dans la nuit dans le vent ?
C'est le père avec son enfant,
Il serre le garçon dans ses bras,
Il le tient fermement, il le garde au chaud

Mon fils, pourquoi caches-tu ton visage d'effroi ?
Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?
Le roi des Aulnes avec couronne et traîne ?
Mon fils, c'est une traînée de brouillard.

Toi cher enfant, viens, pars avec moi !
Je jouerai à de bien jolis jeux avec toi,
Il y a tant de fleurs multicolores sur le rivage
Et ma mère possède tant d'habits d'or

Mon père, mon père, n'entends-tu pas
Ce que le Roi des Aulnes me promet doucement ?
Calme-toi, reste calme, mon enfant,
Le vent murmure dans les feuilles mortes

Veux-tu, gentil garçon, venir avec moi ?
Mes filles doivent d'attendre déjà
Mes filles mènent la ronde nocturne,
Elles te bercent, dansent et chantent

Mon père, mon père, ne vois-tu pas là-bas
Les filles du Roi des Aulnes cachées dans l'ombre ?
Mon fils, mon fils, je le vois bien,
Les saules de la forêt semblent si gris.

Je t'aime, ton joli visage me touche,
Et si tu n'es pas obéissant, alors j'utiliserai la force !
Mon père, mon père, maintenant il me saisit
Le Roi des Aulnes me fait mal.

Le père frissonne d'horreur, il chevauche promptement,
Il tient dans ses bras l'enfant gémissant
Il parvient au village à grand effort
Dans ses bras l'enfant était mort.

samedi 26 janvier 2008

dans l'IllWald

et la découverte d'un aulne abattu par les bûcherons... une merveille au coeur rouge...
comment alors ne pas penser à ce Roi des aulnes de Goethe, le Erlkönig si magnifiquement chanté par Fischer-Dieskau...
Poème qui raconte comment le roi des Aulnes emporte l'enfant malade que transporte le père dans la forêt sur son cheval au galop...
J'aime ...j'aimais tellement ce poème que moi, professeur d'anglais, je passais ce disque à mes élèves , poème de Goethe en allemand, pour qu'ils ne passent pas à côté de cette merveille...





la fuite des daims à mon approche...















Dans la forêt alluviale de l'IllWald...
à l'affût des daims qui l'habitent...

les herbes hautes me font penser à une Savane d'où émergeraient les têtes de ces animaux sauvages.
le frêne et l'aulne y sont les deux espèces majoritairement représentées...

mardi 22 janvier 2008

épousailles de l'eau et du feu

beauté du leurre : séduction suprême et épousailles de l'eau et du feu....
rêver, rêver toujours ... et encore...

l'âme du feu

ne pas parler içi des femmes dites sorcières et que les hommes ont brûlées avec l'acharnement et la conviction de leur soit-disant religion... en époque certaine, j'ai dû être brûlée... la flamme me fascine, j'en sens encore la vibration.
la flamme nous fascine, elle qui porte en elle la présence d'une âme , qui telle feu follet "mène sa danse frêle et éphémère au-dessus des eaux noires du marécage" comme le dit si bien Michel Tournier.

Le feu : l'élan



langues de feu dans mon poële scandinave...le feu pour moi symbolise l'enthousiasme, l'élan, l'ardeur entreprenante, la vie,
l'amour...
rien de plus fragile que le feu menacé par l'eau..
un proverbe espagnol dit que dans la lutte de l'eau et du feu c'est toujours le feu qui perd...
l'eau représentant la réalité triste et décourageante... nos illusions perdues...

lundi 14 janvier 2008

hier, 13 Janvier, c'était mon anniversaire


Une nouvelle année commence pour moi...Une nouvelle vie, peut-être...ne jamais cesser de commencer : Le Titien , à 94 ans , commença une descente de la croix...
Au fait ? j'ai quel âge ?
comme le dit si bien
GAGNIERE...
"celui que j'ai ?, celui que j'avoue ?, celui que je voudrais avoir, celui qu'on me prête ou celui qu'on me donne, celui que j'accuse ou celui dont je dépends ?"

Et voici un autre éclairage de L. DE VILMORIN :
"
oh, l'âge, tu sais, ça dépend des jours. Hier,je n'en avais pas . Aujourd'hui, j'ai 15 ans et demain, nous fêterons peut-être mon centenaire..."

Ou encore, ce mot de LACORDAIRE...et qui me convient particulièrement :
"
je n'ai pas vieilli,...j'ai seulement connu plusieurs jeunesses successives...."

je me souviendrai certainement de ce petit matin givré de mon anniversaire ...






lundi 7 janvier 2008

la rentrée des classes

Oui, c'est aujourd'hui la rentrée des classes...
Et me revient alors à l'esprit une de mes rentrées les plus marquantes....
C'était dans les années soixantes...après l'Indépendance de l'Algérie.Je venais de me marier avec mon beau Kabyle rencontré à Strasbourg pendant les "événements "comme on dit (d'autres diront même les ratonnades)...
Moi l'Alsacienne qui n'avais jamais quitté mon Alsace , je me retrouvais à Koléa non loin d'Alger, tout près de Blida , la petite rose du Sahel dont parlait Gide...
Bref, je terminais ma licence à Alger...entre parenthèse, j'ajouterai que j'ai eu la chance d'avoir Robert Merle, le grand Robert Merle écrivain, comme professeur de phonétique..
J'avais en même temps obtenu un poste de prof d'anglais dans l'école de garçons de Koléa. Mon tout premier poste.J'avais encore des nattes à cette époque, (et même si je les avais défaites, mes nattes ),je ne semblais guère plus agée que ces presque hommes (élèves de troisième) en face desquels je me suis trouvée...
Silence religieux, à mon entrée...puis vient le moment où j'écris quelque chose au tableau...Tout à coup , une houle , derrière moi, se lève , s'amplifie démesurément dans mon dos...quelquechose comme HOOOOOOOUUUUUUUUUU....
Je me mets à trembler....intérieurement, physiquement , même , je crois...et je me suis même dit "christel , ça va être ta fête..."...
Je me retourne....devant moi , des anges me regardent avec innocence et défi...
Je tente une seconde fois d'écrire au tableau...
Et la houle se déchaîne une fois encore...
Que faire ? Il faut que j'ajoute que le prof que je remplaçais , une femme aussi , avait démissionné devant le traitement que ces petits anges lui avient fait subir...et soignait ses nerfs en France...
Je n'allais tout de même pas commencer ma carrière de la sorte...Je ne sais pas crier ni me fâcher...Que faire ?
Je suis retournée à mon bureau...me suis assise en tremblant, ai pris mon cahier, un livre, me suis occupée en les regardant...
silence de mort...
Ils attendaient que je crie, me fâche, punisse...
Cela a duré toute l'heure...
Puis, un grand de la classe s'est levé, est venu à mon bureau, et m'a dit:
"Tu peux faire cours, Madame...nous avons envie d'apprendre l'Anglais..."
Voici donc comment s'est déroulée ma première classe....

dimanche 6 janvier 2008

perles de la nuit


une nuit de vent et de pluie...et la découverte de cette feuille bijou

dis-moi ce que tu aimes....

je vais commencer par ce que je n'aime pas pour laisser la place à ce
qui est positif... et laisser venir à leur gré mes phrases , sans ordre
:

J'AIME PAS

--Je n'aime pas l'idée de ne plus être...
--je n'aime pas le verbe avoir
le gruau d'avoine ... mon père autrefois, m'avait laissée toute une après-midi devant une assiéttée à terminer et cela avait fini par une restitution sur le tapis et une fessée magistrale
-- Je n'aime pas la vieillesse qui arrive, cet abandon progressif et implacable de nos facultés
--Je déteste l'intolérance avec intolérance d'ailleurs
--I don't like being asked anything ... traduction littérale, je n'aime pas" être demandée "quoique ce soit ... Presque impossible à traduire en français ... une sorte de fausse générosité qui se rebelle devant une demande.
--Je n'aime pas les hommes pervers, ceux qui font du mal à plus faibles
qu'eux...
--Je n'aime pas les hommes "coqs" de basse-cour , ceux qui sont trop sûrs d'eux dans la vie
--Je n'aime pas.... je ne sais plus...



J'AIME


--J'aime la beauté
--J'aime le défi, jusqu'à la rebellion, jusqu'au danger
--J'aime au printemps sentir la chaleur du soleil sur ma peau, grimper aux arbres... encore
evidemment et depuis toujours (j'aimerais vivre dans une maison cabane dans un arbre )
--J'aime la tempête :"levez-vous orages désirés " , le chant des pins dans le vent
--J'aime les aubes avant tout : assister chaque fois que possible à un lever de soleil sur la mer... comme Colette :"j'aimais tant l'aube déjà, que ma mère me l'accordait en récompense
--J'aime marcher pieds nus dans mon jardin, lorsqu'il pleut sur le gazon fraîchement tondu...
--J'aime le désir, la fougue , l'élan , celui qui bouge des montagnes...
--J'aime le beurre salé avec de la confiture de framboises
--J'aime être seule .Je ne me sens jamais seule avec moi-même
--J'aime la tension d'une rupture suivie par le bonheur d'être redésirée revue, reprise par mon ami
--J'aime les chats , leur côté sphynx et leur indépendance
les araignées pour leur beaté, et parce que personne ne les aime
--J'aime la différence, l'exotisme et la richesse de la différence
--J'aime la main qui se fait caresse
--J'aime la poésie, les livres , les mots et le miracle de leurs assemblages
--J'aime le chant sacré... Chanter des messes, des requiems, des motets, c'est le pied...
--J'aime l'amour, en fait qui n'aime pas l'amour ? l'amour qui crée toutes les illusions, tous les rêves
--J'aime la sensualité, le corps et ses merveilles
--J'aime la dualité, notre dualité nos vies plurielles à chacun
--J'aime la psychologie , les "essais" qui aident à se construire et dans lesquels on se retrouve
--j'aime teindre la laine, la filer au rouet ,faire du papier de soie avec des orties (je suis une soixantehuitarde attardée)
--J'aime les images, les photos, les montages vidéo
--J'aime danser tout , j'ai commencé à danser le beebop
--J'aime le sauvage, l'indompté
--J'aime les hommes à la limite de la fragilité
--J'aime, j'aime tant de choses , et je me rends compte que le positif (ce que j'aime) l'emporte de loin sur le négatif ...